samedi 6 août 2016

La Voie des Oracles, tome 3 : Aylus d'Estelle Faye

      Plus de succès cette fois avec ce nouveau partenariat Livraddict (on ne s'en lasse pas !), avec le troisième et dernier tome de La Voie des Oracles, superbe trilogie signée Estelle Faye. Merci Scrinéo qui publie cette série, maison d'édition avec laquelle les bonnes expériences se multiplient.


Edition : Scrineo
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 316 pages
Genre : fantasy jeunesse







Synopsis :
Une fois n'est pas coutume, et parce que spoiler c'est gâcher, je ne partage pas le synopsis officiel... Je vous  déconseille d'ailleurs de lire la quatrième de couverture avant d'avoir lu les deux premiers tomes.

Mon avis
      La magnifique couverture d'Aurélien Police, une fois de plus, annonce la couleur : cet ultime tome sera beaucoup plus sombre que les précédents. Fini les douces couvertures ocres, c'est le noir qui domine.

      Si vous avez lu les tomes précédents il y a longtemps, vous serez probablement déstabilisés par le début de celui-ci. Et pour cause : le lecteur se trouve projeté dans un monde qui a bien changé. De mon côté, je venais de finir le tome 2. La suite m'a donc paru parfaitement logique et brillamment choisie.

      Difficile, en revanche, d'en parler sans spoiler méchamment les derniers événements du tome 2. Je resterai volontairement assez vague pour préserver le plaisir à venir des futurs lecteurs qui pourraient avoir l'idée de venir jeter un œil ici avant de plonger dans cette aventure romaine...

       Le voyage est toujours au centre de l'histoire, dans ce nouvel opus. Estelle Faye continue de nous faire découvrir de nouveaux horizons, faisant cette fois la part belle à l'île de Britannia. De nouveaux cultes, de nouveaux peuples sont offerts à notre connaissance. Pas toujours simple de s'y retrouver parmi tous ces dieux, celtes, carthaginois, romains... un conseil, portez la plus grande attention à ces personnages quand vous les croisez, pour vous éviter des interrogations ultérieures ! Pour ma part, j'avais été prévenue par les copinautes, cela ne m'a donc pas posé de problème particulier.

       Le contexte, également, est un peu différent. Les Chrétiens ne sont plus à la fête, les dieux romains ont quant à eux trouvé un nouvel éclat. Pas toujours pour le plus grand plaisir des principaux intéressés, d'ailleurs. Les devins sont au pouvoir, la face du monde en est complètement modifiée. Plus personne n'est maître de son destin. L'auteur démontre intelligemment qu'aucun excès n'est bénéfique, un message qu'il n'est pas inutile de rappeler dans le contexte mondial actuel.

       Les personnages ne sont pas en reste puisqu'on les découvre sous un nouveau jour, en particulier le trio Thya, Aylus, Enoch. J'avais déjà apprécié leur développement dans les deux premiers, la surprise a été très agréable dans celui-ci. La part de mystère ajoutée par le nouveau personnage de l'Oracle brûlée, dont on ne sait pas exactement sur quel tableau elle joue, ajoute encore un surcroît d'intérêt. Que du bon, que du bon !

       L'écriture n'est pas en reste, puisque bien qu'estampillée jeunesse, cette saga profite de l'écriture agréable et parfaitement appréciable par tous publics d'Estelle Faye, qui a su me donner envie de la suivre de près.

       Enfin, la fin... et quelle fin ! A la lecture des premiers chapitres, je me suis beaucoup interrogée sur ce que l'auteure nous offrirait. Avec un soupçon d'inquiétude, je dois avouer, que l'issue choisie ne verse dans la facilité. Eh bien non. Elle m'a parfaitement satisfaite, parce qu'elle est amenée habilement, et qu'elle fait la part belle à la réflexion sur la suite. 
La conclusion ?  Je vais quitter à regrets ces plus ou moins attachants protagonistes. La Voie des Oracles conserve son intérêt d'un bout à l'autre, et même plus : avec Aylus, Estelle Faye a su conclure sa trilogie d'une bien belle façon qui relance l'intérêt des lecteurs. Bravo !

mercredi 3 août 2016

Seulement si tu en as envie... de Bruno Combes

      Une fois de plus, c'est un partenariat Livraddict qui fait ressusciter le blog, avec une petite originalité aujourd'hui : il s'agit d'une romance ! On est bien loin de mes genres de prédilection, donc, mais j'avais envie de tenter l'aventure avec une lecture légère. Merci aux éditions Michel Lafon d'avoir rendu cela possible.

Edition : Michel Lafon
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 281 pages
Genre : romance







Synopsis
Il l’attend depuis toujours...elle ne l’a pas vraiment oublié !
Ils se sont connus à seize ans, sur les bancs du lycée d’Arcachon, puis chacun a fait sa vie de son côté.
Camille est devenue une brillante avocate parisienne, Stephen vit de sa passion des livres entre Londres et Paris. Ils n’auraient jamais dû se revoir, mais le hasard en a décidé autrement.
Les souvenirs s’entrechoquent, laissant apparaître les failles de l’attente et du désir.
Leur histoire aurait pu être banale, jusqu’à ce que Camille découvre les pages blanches du « manuscrit inachevé ».

Mon avis
      Nous voilà donc propulsés dans la vie de Camille, brillante avocate en pleine crise de la quarantaine, qui ne supporte plus ni son mari, ni son boulot, ni sa belle-famille. Le décor est planté, il va falloir mettre un peu de piment dans cette vie bien amère. Ça tombe bien ! C'est justement le moment que choisit son premier amour pour se manifester, après plus de vingt longues années de silence.

      Elle n'est pas gaie, en effet, la vie de cette femme. Monsieur, pas très porté sur les marques d'affection, a du mal à réaliser que le confort matériel ne fait pas le bonheur... les enfants sont las de l'absence de leurs parents, absorbés par leur boulot... Touchants, d'ailleurs, ces gamins qui n'attendent qu'un peu d'attention ! Leurs remarques sont percutantes, sans pincettes. 

      Quant à la belle-famille, elle n'arrange rien. Hormis le frangin baba cool et sa femme exotique, les autres sont proprement insupportables. Les repas de famille sont le siège d'un pugilat qui n'est pas sans rappeler au lecteur quelques scènes qu'il a pu connaitre. 

       Il nous faut donc un sauveur pour pimenter tout ça. Oui, mais... l'attente est longue, très longue. A l'issue de la première moitié du roman, toujours rien à l'horizon. Mouais, c'est pas vraiment ce à quoi je m'attendais à la lecture de la quatrième de couverture. Mais surtout, surtout, quelle idée d'axer le résumé sur ce prometteur roman inachevé qui fait son apparition à l'extrême fin du roman ? Si ce n'est pas de la publicité mensongère ça ! Très mauvais choix de l'éditeur, qui laisse bien énervé, avec le sentiment d'avoir été pris pour un jambon !

       Pour ne rien arranger, je n'ai ressenti aucune proximité avec Camille, qui se dirige à pieds joints vers son aventure extra-conjugale. On aurait pu avoir le point de vue intéressant des copines de toujours, les encouragements, les mises en garde, la projection, la contradiction entre l'envie de la voir épanouie et la crainte de la voir ruiner son ménage... Raté !

       Coup fatal avec l'écriture qui ne sort pas suffisamment du lot pour me donner le sentiment d'avoir lu un beau roman. Quelques touches de poésie sont présentes, mais mal desservie par des tournures assez basiques, sans panache. La structure globale est la seule originalité, avec une progression temporelle surprenante. Bonne idée, mais je n'ai pas trouvé qu'elle apportait quelque chose. En conclusion... si vous avez lu le résumé, eh bien... à moins d'être fan de romances, fleur bleue devant l'éternel... lisez-le seulement si vous en avez très envie !

jeudi 22 octobre 2015

Chroniques Lunaires, tome 1 : Cinder de Marissa Meyer

S'il y a quelque chose de très en vogue en ce moment, c'est bien les réécritures de contes. Cela fait un moment que certaines me font de l’œil... Et ça y est, je me suis laissée tenter ! Ma première victime : l'histoire de Cendrillon revisitée par Marissa Meyer, dans Cinder.


Edition : Pocket Jeunesse
Année de parution : 2013
Nombre de pages : 412 pages
Genre : jeunesse, science-fiction







Synopsis
A New Beijing, Cinder est une cyborg. Autant dire une paria. Elle partage sa vie entre l'atelier où elle répare des robots et sa famille adoptive. A seize ans, la jeune fille a pour seul horizon les tâches plus ou moins dégradantes qu'elle doit accomplir pour ses sœurs et sa marâtre.
Mais le jour où le prince Kai lui apporte son robot de compagnie - son seul ami -, le destin de Cinder prend un tour inattendu. La forte attirance qu'éprouvent le beau prince et la jeune cyborg n'a aucune chance de s'épanouir, surtout que le royaume est menacé par la terrible reine de la Lune !
Débute alors pour Cinder une aventure incroyable, où elle découvrira que le sort de l'humanité est peut-être entre ses mains.

Mon avis
    C'est d'abord la couverture de ce roman qui m'a fait du charme. Je n'avais pas tout de suite remarqué la partie robotique dans la jambe de la demoiselle, puis quand ça m'a sauté aux yeux, paf, il fallait que je le lise. Je trouvais excellent le contraste entre la police alambiquée du titre et le côté futuriste du dessin. En route !
 
      Nous voilà donc dans une nouvelle version du conte de Cendrillon, qu'on ne présente plus. On comprend dès lors qu'il va falloir une certaine dose d'originalité pour nous charmer... Mission accomplie.

      Alors bien sûr, les grands éléments de l'histoire de départ sont présents, et jalonnent le récit. On retrouve évidemment une jeune demoiselle qui n'a pas la vie facile, exploitée par son infâme belle-mère, qui lui préfère de loin ses parfaites demi-sœurs. Le prince ne tardera pas à faire son apparition, un homme bien sous tous rapports, comme il se doit. Mais finalement, entre la Cendrillon originelle, et la Cinder de Marissa Meyer, il y a un monde. Ou plutôt, quelques guerres mondiales, quelques milliers de kilomètres, quelques cyborgs et robots ultra-perfectionnés !

      J'ai adoré ce qu'a fait l'auteur de Cinder. Je n'aurais en effet jamais pensé la retrouver mécanicienne cyborg à New-Beijing, dans le futur. Les deux mains dans le cambouis et la tête bien sur les épaules. C'est ce qui fait la force de la protagoniste, et qui m'a séduite : exit la demoiselle éplorée, un poil niaise, et complètement effacée... bienvenue la jeune femme qui a du cran, de la répartie, et ne se laisse pas démonter par les réflexions de sa marâtre ! Cette dernière ne manque pourtant pas d'imagination pour ruiner la vie de sa pupille, qu'elle abhorre, ce dont elle ne se cache pas.

      Le prince quant à lui est plus classique, bien sous tous rapports, beau comme un dieu, mais contrairement au conte, il est clairement tiraillé par les conflits mondiaux... et au-delà. La reine de la Lune, Levana, se montre en effet un peu agressive dans sa politique, et les pouvoirs (qui font froid dans le dos) dont elle est dotée n'arrangent rien ! L'épidémie qui progresse ne va pas non plus lui faciliter la tâche... Je crois qu'on a fait le tour des difficultés du charmant prince ! La romance n'est donc pas l'unique intérêt du roman, et cela en augmente, de mon point de vue, férocement l'intérêt.

     D'autres personnages gravitent autour d'eux, parmi lesquels je mentionnerai juste Iko, le droïde familial et amie de Cinder. Sa puce de personnalité en fait un intervenant à part entière, et pas juste un objet du quotidien... je l'ai bien appréciée aussi !

      L'écriture, très accessible sans être simpliste, permet au lecteur de voler très rapidement de page en page. J'ai malgré tout deux gros bémols sur le fond : le premier c'est que j'avais très très tôt deviné la principale révélation de l'histoire. Mais après tout, dans les contes, on voit assez bien où on va d'entrée de jeu (mais si, "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, blablabla" !). Deuxième point noir, la fin très, trop rapide à mon goût ! Il faut dire qu'en voyant le titre du tome 2 (Scarlet), je pensais qu'on passerait totalement à une autre histoire. Après lecture du synopsis, on retrouvera bien Cinder, donc fin abrupte pardonnée : je saurai ce qu'il va advenir d'elle !

      En conclusion ? Eh bien, je n'ai plus qu'à lire la suite !

samedi 3 octobre 2015

Young Elites, tome 1 de Marie Lu

Premier partenariat avec les éditions Castelmore aujourd'hui ! Un titre attendu, et une belle découverte à la clé ! Merci à eux, et bien sûr encore et toujours à Livraddict !


Edition : Castelmore
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 320 pages
Genre : jeunesse, science-fiction







Synopsis
      Adelina a survécu à l’épidémie qui a ravagé son pays.
D’autres enfants, comme elle, ont survécu, la maladie laissant sur leur corps d’étranges marques. Les cheveux d’Adelina sont passés de noir à argenté, ses cils sont devenus blancs et une cicatrice barre la moitié gauche de son visage. Son père voit en elle une malfetto, une abomination, une disgrâce pour son nom et sa famille, synonyme de malédiction. Mais la rumeur dit que les survivants ont gagné davantage que des cicatrices : ils auraient acquis de mystérieux super-pouvoirs. Et, bien que leur identité demeure secrète, ces survivants ont déjà un nom : les Elites.

Mon avis
      L'action de ce roman se place dans une société dans laquelle une épidémie a récemment ravagé le pays, laissant derrière elle un grand nombre de jeunes gens marqués physiquement, et laissés au rebut. Adelina est l'une d'entre eux, et même mieux : en plus de ses cicatrices, elle a hérité, comme quelques autres, d'un sombre pouvoir... La chasse est donnée, il faut éliminer ces anomalies de la nature.
 
      Sombre, c'est bien le terme qui colle avec ce roman. Les scènes sont parfois dures, personne n'est épargné. Voilà qui ne caressera pas les jeunes lecteurs dans le sens du poil !
Adelina, l'héroïne, est-elle même très éprouvée, tant physiquement (borgne depuis l'épidémie, entre autres) que psychologiquement (elle a subi durant des années les agressions tant physiques que morales de son père, qui la maintenant au rang de vilain petit canard par opposition à sa parfaite petite soeur). 

    Notre protagoniste va donc, dès le début du roman, devoir s'enfuir pour survivre. Son chemin va croiser celui de deux camps opposés, et bien entendu d'autres Elites. Tiraillée entre peur et loyauté, sous pression, elle va devoir faire des choix qui ne seront pas toujours simples, et surtout pas toujours ceux qu'attend le lecteur. Voilà un point fort du roman !
Amenée à l'apprentissage de la maîtrise de son don, Adelina doit contrôler la noirceur de son esprit. J'ai parfois déploré une tendance trop marquée à vouloir devenir la maîtresse-du-monde-de-l'univers-de-la-galaxie-parce-que-quand-même-avec-ce-don-je-suis-trop-forte, mais cela reste un reproche mineur.

     On sent également chez les autres personnages une histoire personnelle complexe et intéressante, pas très développée malheureusement dans ce premier opus. J'espère pour y revenir plus en profondeur dans la suite ? Il y a matière, en tout cas, beaucoup m'intriguent ! Je mentionnerai parmi eux Lucent, Raffaele, Enzo... Teren... et Violetta, qui m'a le plus surprise à la fin.

     La forme est efficace, la plume fluide. Les points de vue alternent, entre Adelina, Teren et Raffaele, ce qui permet au lecteur d'en apprendre un peu plus et de moins rester sur sa faim !

     En conclusion, Marie Lu, que j'ai découvert à travers ce roman, nous offre ici une héroïne qui s'éloigne des standards du genre. Loin de rayonner la joie et la bonne humeur, elle a une grosse part d'ombre qui lui vient essentiellement de son passé, et qu'elle entretient au quotidien. C'est original, et ça me motive à découvrir la suite !

mardi 7 juillet 2015

Aeternia, tome 1 : La marche du prophète de Gabriel Katz

La voilà enfin, la tant attendue chronique d'Aeternia, premier du nom ! En retard à ma propre LC... la honte ! Voilà l'affront lavé !

Edition : Scrinéo
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 374 pages
Genre : fantasy








Synopsis
      Leth Marek, champion d'arènes, se retire invaincu, au sommet de sa gloire. Il a quarante ans, une belle fortune et deux jeunes fils qu'il connaît à peine. C'est à Kyrenia, la plus grande cité du monde, qu'il choisit de les élever, loin de la violence de sa terre natale. Lorsqu'il croise la route d'un culte itinérant, une étrange religion menée par un homme qui se dit prophète, l'ancien champion ignore que son voyage va basculer dans le chaos. À Kyrenia, où l'on adore la Grande Déesse et les puissants du Temple s'entredévorent, une guerre ouverte éclate entre deux cultes, réveillant les instincts les plus noirs. La hache de Leth Marek va de nouveau tremper dans le sang. Le plus violent des combats est celui que l'on mène contre ses propres croyances.

Mon avis
      Voilà plus d'un an maintenant que j'entends parler, toujours en bien, de cet auteur que j'ai eu la chance de rencontrer sur un salon : Gabriel Katz. Sa trilogie est entrée dans ma PAL à cette occasion, et puis les choses ont fait que, finalement, je découvre l'auteur avec cette nouvelle série. Et quelle découverte !

      L'entrée en matière est solide, dans tous les sens du terme ! D'emblée, le lecteur est projeté dans l'arène, ce qui n'est pas pour me déplaire et promet de beaux moments d'actions. Premier point positif, donc. Et puis, très vite, les premières pages se tournent, les premiers sourires à la lecture : la plume fait son effet, il a du talent, le monsieur !

      Un mot sur le fond, d'abord. Le sujet n'est pas simple, puisqu'il est question de la rencontre frontale (et brutale) de deux cultes, celui de la Déesse, et celui d'Ochin, ancien dieu du riche Panthéon local. On s'en doute, tout le monde ne va pas voir les choses de la même façon, et très vite les premiers accrocs surviennent. Une guerre de religion nait sous les yeux impuissants du lecteur, qui côtoie alternativement adeptes d'un culte et de l'autre, ce qui lui confère indéniablement une objectivité supérieure. Un thème pas évident, donc, mais traité de façon intéressante. Tout n'est évidemment pas aussi simple qu'il n'y parait, et il est parfois difficile de réaliser qui tire les ficelles... Même les plus honnêtes sont parfois assaillis par le doute.

     Pour ne rien gâcher, l'histoire est bien servie par une galerie de personnages au caractère franc, très différents, mais pourtant complémentaires.
Le héros de notre histoire, d'abord, Leth Marek, fait office de gros nounours à la hache. Ancien champion des arènes, c'est une brute au grand coeur pour laquelle il est bien difficile de ne pas avoir de sympathie, même lors de sa quête de vengeance.
Desmeon, aka Dez' pour les intimes, est en quelque sorte son complément. Subtil et habile dans l'art du combat, il est au contraire très m'as-tu vu au quotidien, et aurait tout pour me déplaire. Mais, comme d'autres lecteurs, je me suis vite surprise à m'attacher à lui !
Tout deux servent le culte d'Ochin sans pour autant, fait intéressant, y croire ou pratiquer.
De l'autre côté, Varian est un jeune homme qui a décidé de se consacrer au culte de la Déesse, au point d'entrer dans les ordres. Au fil des pages, le lecteur le voit se départir de sa naïveté initiale.
Quelques femmes, qui ne sont pas en reste côté caractère, vont bien entendu s'immiscer dans les relations des uns et des autres. Comment ne pas citer Ness', notamment, la jolie prêtresse d'Ochin ?
Vous l'avez compris, cette palette d'identités est un point fort du livre qui, je l'espère, vous donnera envie de partager quelques chapitres avec eux. Pour tout vous dire, même le chien ridicule qui suit Leth a du charme !

     Pour achever de vous convaincre, je pourrais aussi vous dire que je n'ai pas vu les chapitres passer. Courts, fluides, ils s'enchainent en douceur. Les dialogues sont très vifs, surtout entre Leth et Desmeon, qui font montre d'un sens de la répartie à toute épreuve. La prose n'est pas alambiquée, et c'est agréable !

    Par contre, le sieur Katz n'est pas tendre avec ses protagonistes ! Un événement en particulier, intervenant en début de roman, donne le ton : nous n'avons pas ici affaire à des tendres. Et puis... cette fin ! Mais non ! Maintenant, il va falloir voir ce qu'il en est vraiment dans le tome 2 ! Patience, il sera disponible fin août. D'ici là, lisez celui-ci, pendant que moi je m'en vais découvrir d'autres romans de l'auteur ! 

Si vous n'êtes pas sûr de franchir le pas, d'autres avis pourraient vous convaincre :
Sia, Amarüel, Camille7, Leeloo lectures

jeudi 4 juin 2015

La prétendue innocence des fleurs de Frank Calderon et Hervé de Moras

      Oyez ! Je vous parle aujourd'hui d'un partenariat Livraddict et Scrinéo ! Merci à eux de m'avoir fait découvrir ce roman policier, genre dont je m'étais quelque peu éloignée ces derniers temps. Je connaissais déjà la maison Scrinéo, qui avait su me conquérir par ses romans jeunesse/fantasy... la voir associée au genre policier m'a interpelée... Il fallait que je découvre ça !

Edition : Scrinéo
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 383 pages
Genre : policier








Synopsis
      Le bouquet était prêt : Cinq iris mauves, cinq lys blancs et deux jacinthes sauvages. Dans quelques heures à peine, il sera déposé au cabinet du juge d'instruction Marc Ferrer, plongé dans la plus importante affaire criminelle de sa carrière. Marc connait le langage des fleurs, il sait que les lys blancs évoquent la pureté et que les jacinthes invitent à l'amour. Pourtant, ces fleurs-là lui inspirent la mort. Celle d'une jeune femme et d'un amour fou disparu huit ans plus tôt...
De Paris à Venise, de bouquets en bouquets, vers quel secret enfoui le conduira ce nouveau jeu de piste ?

Mon avis
      C'est un polar original que nous offrent ici Frank Calderon et Hervé de Moras. Tout en finesse, le lecteur n'est pas, comme souvent, projeté au cœur d'innombrables scènes macabres, mais suit un juge bien droit dans ses bottes dans un jeu de piste floral.

      Voilà bien ce qui fait la force de ce roman. L'enquête mêle habilement langage des fleurs et musique, une combinaison fort agréable ! J'ai pris plaisir à découvrir, en même temps que le juge, la signification que peuvent prendre les bouquets complexes, dans lesquels chaque fleur livre un message particulier. C'est une façon atypique de nous mener d'un lieu à l'autre, d'un indice à l'autre, et c'est fort agréable. Finalement, cela confère même une certaine douceur, un soupçon de romantisme au tueur...

      Petit bémol tout de même, j'ai eu du mal à m'attacher à la plupart des personnages. Le héros, juge de son état, n'a pas su s'attirer ma compassion, quoiqu'il devient plus humain, moins parfait dans la seconde moitié du roman. Une femme m'a toutefois intriguée plus que les autres protagonistes, il s'agit de Veronika... dont je ne parlerai pas plus ici, pour préserver l'intrigue !

       Un petit mot sur l'écriture, qui est tout à fait fluide et adaptée au contexte particulier de cette enquête florale. Les chapitres, de longueur variable, restent quand même assez courts. Je suis toujours bluffée quand je vois des textes écrits à quatre mains... je me demande comment les auteurs procèdent... En tout cas, l'ensemble est harmonieux !

       En bref, si vous êtes amateurs de polars, de romantisme, et que vous avez envie de sortir des sentiers battus, celui-ci est pour vous !

jeudi 14 mai 2015

Martyrs, livre II d'Olivier Peru

      Grand retour sur le blog aujourd'hui avec une lecture commune organisée par ma copinaute Mypianocanta des Iles de My, sur Martyrs, Livre II d'Olivier Peru ! Ceux qui suivent par ici savent que j'avais littéralement adoré le premier opus... Les autres, vous pouvez le constater par ici : Livre I !
 

Edition : J'ai Lu
Année de parution : 2014
Nombre de pages : 638 pages
Genre : fantasy








Synopsis
      Irmine et Helbrand, deux frères assassins descendant d'un ancien peuple guerrier, vivent dans les ombres de la plus grande cité du royaume de Palerkan. alors qu'ils se croient à l'abri des persécutions dont ont souffert leurs ancêtres, leur passé sanglant les rattrape, sous les traits d'un borgne qui semble nourrir pour eux de sombres projets. Et tandis que la guerre menace d'embraser le monde. Que les puissants tissent de noires alliances.
Ils vont devoir choisir un camp. Leur martyre ne fait que commencer...

Mon avis
      C'est assez rare pour être souligné, j'avais tellement aimé le premier tome de cette saga que j'ai acheté la suite dès sa sortie. Les circonstances ont certes fait que la lecture a été un peu tardive, mais les retrouvailles avec cet univers n'en ont été que meilleures !

     On s'en souvient, on avait en effet laissés nos héros sur un cliffhanger de folie. Je craignais alors un peu de voir comment les personnages, et la suite de l'histoire allaient être traités... à tort, puisque, autant le dire tout de suite, Olivier Peru m'a encore séduite, et je vous promets que ce n'est pas que pour ses beaux yeux ! ;)

      Difficile de parler de ce tome sans trop en révéler sur le précédent. Nous retrouvons donc nos personnages dans ce monde touffu. On avait déjà pu le constater précédemment, leur caractéristiques, leur caractère ne sont pas figés, et cela se confirme dans cette suite. L'évolution est constante, et le lecteur est agréablement brinquebalé d'un sentiment à l'autre. Pour n'en citer que quelques uns, Kassis est par exemple infiniment moins niaise qu'au tout début de l'histoire. Elle a pris sa vie en main, fait preuve d'initiative, au point même de m'étonner parfois ! Fini de subir, elle devient actrice de sa vie.
     La part belle est faite également aux personnages secondaires, au sujet desquels on apprend beaucoup. Le lecteur découvre ainsi que chacun a son histoire propre, qui a façonné sa vie entière. C'est le cas notamment pour Opimer, ou... le Borgne. C'est un aspect qui parait évident, à première vue, mais qui est bien souvent négligé dans les romans ! Quelques protagonistes viennent aussi faire leur apparition, je pense particulièrement à Mida, que je n'aurais jamais pensé rencontrer, et au dernier venu dont je tairai le nom, mais qui promet de beaux rebondissements.

      Mais les personnages ne seraient rien sans l'histoire qui va avec, et là encore je n'ai pas été déçue. Dans cet opus, point de grandes actions stupéfiantes, mais beaucoup de politique, de manigances, manipulation et stratégie militaire, observées depuis les différents camps. Et c'est tellement bien fait, que ça coule tout seul. Le lecteur est happé dans ces considérations assez machiavéliques, et se languit de savoir comment tout cela va se terminer, et comment vont réagir les camps adverses ! Il est très clair ici que les passations de pouvoir ne sont pas l'affaire d'une journée, mais d'une mise en place trèèès loin en amont...

      Élément très présent aussi dans ce tome 2, la magie. On savait que les Arserkers avaient quelques capacités particulières (et particulièrement intéressantes !), mais le sujet est beaucoup plus développé ici. Et je crois bien qu'on n'a pas fini d'en voir !

      Côté structure, une agréable surprise aussi. Outre la plume de l'auteur qui se laisse toujours aussi bien lire, l'introduction "du" chapitre 0 est assez géniale. D'abord perplexe devant la longueur d'un tel chapitre, habituellement assez court, je me suis rendue compte de la valeur qu'il avait, apportant des éclairages indispensables sur le récit. Cela nous aide à comprendre comment passé et présent se rejoignent...
       Et toujours ce visuel à tomber, entre les illustrations intérieures clairsemées au fil des pages, et la superbe couverture...

      Un mot sur la fin, aussi : fiou ! Impressionnante ! Un peu plus prévisible que celle du premier tome, mais elle laisse autant de questions. Que va faire l'auteur de ce nouveau ressort, que je n'aurais pas imaginé en cours de lecture du tome 1 ? Si je n'avais pas confiance en l'auteur, ça m'inquièterait même un peu... mais je suis confiante, l'auteur saura probablement me conquérir sur le tome 3 ! D'ailleurs, à quand la sortie ? Les 'Perufans' s'impatientent déjà ! Lisez la saga !

Retrouvez les avis des copinautes de lecture commune :
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